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Trampoline

 

Au Québec, le mot trampoline est couramment employé au féminin, tant pour désigner l’engin servant à rebondir que le sport que l’on pratique sur celui-ci. On le rencontre toutefois de plus en plus souvent au masculin, ce qui correspond traditionnellement à l’usage européen. Même si l’emploi du féminin n’est pas consigné dans les principaux dictionnaires usuels du français, il n’y a pas lieu de le considérer comme fautif. En effet, l’étude de l’histoire du mot permet de conclure que rien ne justifie le rejet de une trampoline. En d’autres termes, les deux genres sont possibles.

 

Puisqu’il est adopté notamment par les fédérations de gymnastique, y compris québécoise et canadienne, et dans les compétitions sportives, le masculin peut revêtir un caractère plus officiel. C’est sans doute ce qui explique qu’il soit de plus en plus fréquent dans les médias québécois, et que l’emploi de trampoline au masculin soit aujourd’hui bien implanté au Québec.

 

Exemples :

 

  C’est aux Jeux de Sydney, en 2000, que le trampoline a fait son entrée comme discipline olympique reconnue.

  Les Canadiennes se sont qualifiées pour la finale de trampoline synchronisé.

  La campagne de financement a permis au club de gymnastique de faire l’acquisition d’un nouveau trampoline.

 

 

Le féminin demeure tout de même très présent dans l’usage au Québec et tout à fait légitime, et pas uniquement dans la langue orale. Il continue d’être employé dans les journaux et, comme le masculin, on le rencontre dans le site Web de certains commerçants et dans les manuels produits par des fabricants de trampolines.

 

Exemples :

 

-  Le stage de ski acrobatique offert comporte des exercices sur la trampoline.

-  Un système de câbles élastiques permet aux athlètes, équipés d’un harnais, de répéter des sauts sur la trampoline de façon sécuritaire.

-  Lorsqu’il fait de la trampoline, Jérémy adore enchaîner les sauts périlleux.

-  Les enfants s’amusent pendant des heures sur la grande trampoline ronde derrière la maison.

-  Assurez-vous d’installer la trampoline sur un terrain stable et parfaitement horizontal.

 

 

Puisqu’il est possible d’utiliser trampoline au masculin ou au féminin, il revient aux locuteurs et aux locutrices d’opter pour l’usage qui leur convient et qui leur semble le plus adapté au contexte dans lequel le mot est utilisé.

 

 

Bien qu’il ait longtemps été employé spontanément au féminin en français québécois, le mot trampoline est de nos jours fréquent au masculin, comme en français européen. Revenons sur l’histoire du mot pour tenter de comprendre l’origine de cette différence, tout à fait acceptable, entre l’usage d’ici et celui de l’Europe.

 

Un mot d’origine italienne

 

Le mot trampoline est issu du nom masculin italien trampolino. C’est toutefois par l’intermédiaire de l’anglais américain qu’il aurait été introduit en français au début des années 1960. Trampoline ayant un genre neutre en anglais, on lui a donné le genre féminin au Québec et, en Europe, le genre masculin. On peut donc penser qu’il a été emprunté parallèlement des deux côtés de l’Atlantique.

 

Au Québec, on a possiblement opté pour le féminin par analogie avec la quasi-totalité des noms à finale en -ine, comme adrénaline, comptine, discipline, figurine, tartine, etc., et aussi crinoline et mandoline, deux mots empruntés à l’italien (crinolino et mandolino) qui sont masculins dans cette langue. En Europe, peut-être a-t-on plutôt opté pour le masculin par rapprochement de trampoline avec le nom masculin tremplin – les deux mots désignant des appareils présentant une certaine similitude de fonction – ou encore par association avec la variante masculine trampolin, consignée anciennement dans quelques ouvrages, mais qui ne s’est pas imposée dans l’usage. L’influence du genre du mot italien trampolino n’est certainement pas non plus à exclure.

 

S’il demeure difficile d’expliquer pourquoi des genres différents se sont implantés de part et d’autre de l’Atlantique, ce phénomène n’est cependant pas unique au mot trampoline. On peut par exemple penser aux emprunts à l’anglais gang et job (familiers), qui, dans la langue courante, sont féminins au Québec et masculins en Europe.

 

Il est par ailleurs intéressant de signaler qu’il existe en français plusieurs noms que l’on emploie indifféremment dans les deux genres, et d’autres encore dont le genre présente certaines particularités ou diffère selon le sens qu’on leur donne (par exemple : amour, délice, gens, œuvre et orgue).

 

 

Un mot devenu français

 

Le mot trampoline a fait son entrée dans les dictionnaires du français au début des années 1980. On remarque déjà à cette époque des différences et hésitations quant à son genre.

 

De manière générale, les ouvrages de référence conçus au Québec ont d’abord attribué au mot le genre féminin. Certains, après n’avoir donné que le féminin dans les années 1980 et 1990, ne relèvent aujourd’hui que le masculin, alors que d’autres mentionnent la possibilité d’utiliser les deux genres, indiquant que le féminin est caractéristique de l’usage québécois.

 

Dans les ouvrages européens, trampoline est aujourd’hui généralement de genre masculin. Toutefois, en comparant différents ouvrages, y compris certains publiés par un même éditeur, on peut non seulement rencontrer le masculin ou le féminin, mais aussi faire des observations étonnantes. Par exemple, attestant d’abord le mot au masculin dans l’un de ses dictionnaires, un éditeur opte ensuite pour le féminin avant de revenir définitivement au masculin quelques années plus tard. Signalons aussi le cas d’un autre éditeur qui, dans deux types de produits (dictionnaires usuels et dictionnaires à nomenclature étendue), donne à trampoline des genres différents.

 

 

Un mot plus fréquent dans les médias

 

Le changement de genre observé dans l’usage au Québec résulte sans doute d’une influence des médias. Et ce sont les Jeux olympiques qui auront contribué, indirectement, à mettre en lumière les différences d’emploi quant au genre de trampoline.

 

La reconnaissance du (ou de la) trampoline comme discipline olympique depuis les Jeux de Sydney, en 2000, a entraîné une augmentation de la fréquence d’emploi de trampoline dans les médias, cette dernière se traduisant aussi, au Québec, par un accroissement très marqué du nombre d’occurrences du mot au masculin. Les journalistes, à l’instar des commentateurs amenés à traiter de ce sport dans un contexte international, ont adopté davantage le masculin, genre répandu ailleurs dans la francophonie et dégagé dans les principaux dictionnaires du français. Depuis les années 2000, donc, le féminin n’a cessé de perdre du terrain dans les médias québécois, devenant plus marginal, et le masculin est aujourd’hui bien implanté, en particulier dans la langue écrite.

 

La popularité de cette nouvelle discipline et celle, relativement récente, qu’ont connue les trampolines comme installations de loisir à domicile ont aussi amené la population en général à utiliser davantage le mot trampoline. Constatant une différence entre l’usage d’ici et celui d’ailleurs, les francophones du Québec ont pu s’interroger sur le genre du mot et en venir à choisir le masculin, auquel ils et elles étaient dorénavant davantage exposés.

 

Masculin et féminin : les deux genres font aujourd’hui partie de l’usage au Québec.

 

 

Article rédigé en 2018



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : août 2018

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