Banque de dépannage linguistique


Le vocabulaire
Barbarismes lexicaux



Abrévier

 

On utilise parfois à tort le mot abrévier pour abréger. En effet, le mot abrévier n’existe plus et constitue maintenant un barbarisme.

 

 

Le mot abréger vient du bas latin abbreviare, de brevis « bref ». Il signifie en général « écourter », « diminuer la longueur d’un texte, d’un discours » ou « supprimer une partie des lettres d’un mot ».

 

Exemples :

 

- J’ai plusieurs courses à faire, je dois donc abréger ma visite. (et non : abrévier)

- L’auditoire était impatient, et le présentateur a dû abréger son discours. (et non : abrévier)

- Le mot boulevard s’abrège en boul. (et non : s’abrévie)

 

 

En fait, le verbe abrévier a déjà existé, dérivé lui aussi du latin abbreviare. La forme abréger apparaît en France au XIIe siècle, sous la forme populaire abreger, et concurrence la forme savante abrévier. À partir du XVIe siècle, abrévier perd peu à peu du terrain au profit d’abréger. La forme abrévier semble avoir été relevée pour la dernière fois dans le premier tiers du XIXe siècle, accompagnée d’une remarque précisant qu’elle est peu usitée.

 

De nos jours, l’emploi fautif de abrévier pour abréger est sans doute causé par une analogie avec le mot abréviation, issu du bas latin abbreviatio et signifiant « texte abrégé ».

 

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Date de la dernière actualisation de la BDL : novembre 2018

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