Banque de dépannage linguistique


Les emprunts à l’anglais
Emprunts intégraux



- Qu'est-ce qu'un emprunt intégral?

 

L’emprunt intégral, parfois appelé aussi emprunt direct, résulte d’un transfert complet de la forme et du sens d’une unité lexicale d’une autre langue, avec ou sans adaptation.

 

Il importe d’évoquer d’abord les nombreux emprunts intégraux issus d’une multitude de langues et servant à nommer des réalités associées, du moins traditionnellement, aux communautés qui s’expriment à travers elles. Dans certains ouvrages, on parle ainsi d’emprunts « nécessaires » ou « de nécessité » : pour désigner une réalité « étrangère », on a eu recours à un mot « étranger ».

 

Par exemple :

 

-  Plusieurs mots d’origine étrangère servent à désigner, en français, des réalités géographiques propres à diverses régions du globe, comme des vents (simoun et sirocco, respectivement de l’arabe et de l’italien), des plaines (pampa et steppe, respectivement du quechua et du russe) ou des montagnes (sierra et cordillère, de l’espagnol).

 

-  Les réalités culturelles caractéristiques de certaines communautés ou de certains pays sont très souvent nommées avec des mots eux aussi chargés culturellement, que l’on pense à des modes de vie traditionnels (iglou, tipi et yourte), à des désignations de personnes ou de fonctions (cow-boy, gaucho, tsar et samouraï), à des chants et des danses (fado, flamenco, sirtaki), à des vêtements (kilt, kimono, sari), etc.

 

-  De très nombreuses spécialités culinaires sont « empruntées » avec leur nom étranger. On peut notamment penser à brownie, carpaccio, gravlax, kouglof, paella, poké et sushi.

 

 

Emprunts à l’anglais non adaptés

 

Dans certains cas, le nouveau mot ou syntagme est intégré sans être adapté au système linguistique du français. Ce type d’emprunt représente le niveau le plus élémentaire d’intégration à la nouvelle langue.

 

Par exemple :

 

-  Les mots addict, background, bloopers, cool, full, junk food, piercing, rafting, rail, tennis, week-end et work in progress ont été empruntés de manière intégrale. La graphie anglaise n’a pas été modifiée pour faciliter l’intégration du mot en français. Certains de ces emprunts sont aujourd’hui acceptés en français, alors que d’autres demeurent critiqués.

 

-  Certains emprunts intégraux sont tronqués. C’est le cas des mots suivants, qui ne reprennent qu’une partie du mot anglais dont ils sont issus : smoking (en anglais : smoking-jacket), aujourd’hui accepté; living (en anglais : living-room), courant en France mais critiqué au Québec; snow (en anglais : snowboard), déconseillé, tout comme la forme longue.

 

 

Emprunts à l’anglais minimalement adaptés

 

Dans d’autres cas, l’emprunt intégral fait l’objet d’une adaptation minimale d’ordre phonétique ou graphique.

 

Par exemple :

 

-  Le mot CD-ROM peut s’écrire cédérom en français, ce qui en simplifie la prononciation.

 

-  Un accent aigu est souvent ajouté, de nos jours, aux noms diésel, pergélisol et révolver, empruntés à l’anglais. Cette adaptation vise une plus grande conformité de la graphie avec la prononciation en français.

 

 

Emprunts à l’anglais fortement adaptés

 

Par ailleurs, plusieurs emprunts, dont certains très anciens, ont subi, au fil du temps, des adaptations plus importantes.

 

Par exemple :

 

-  Il peut être difficile de percevoir l’origine anglaise de bouledogue (de bull(-)dog), paquebot (de packet-boat), redingote (de riding-coat) et rosbif (de roast(-)beef), des mots implantés depuis très longtemps en français.

 

-  Plus récent, le mot bogue, désignant un défaut de conception d’un logiciel, cache le mot anglais bug, de même sens, mais qui signifiait d’abord « insecte ». On a attribué à un insecte piégé dans un des premiers ordinateurs la cause d’une panne informatique.

 

-  Des mots propres au français québécois illustrent également le processus d’adaptation des emprunts intégraux à l’anglais. C’est le cas de drave (de drive), désignant le flottage du bois. Il en va de même du mot familier bécosse (de back-house), désignant une toilette, à l’origine située à l’extérieur de la maison, en retrait de celle-ci.

 

 

Emprunts d’origines diverses, adaptés ou non

 

Les emprunts intégraux, d’origines très diverses, sont nombreux. Au fil des siècles et des multiples contacts entre les langues et les populations, des mots étrangers sont venus enrichir le vocabulaire français.

 

Par exemple :

 

-  Les mots fjord, krill et slalom (du norvégien) ainsi que bunker, glockenspiel et kitsch (de l’allemand) n’ont pas subi d’adaptation. Dans certains de ces cas, la prononciation ne correspond pas à ce que pourrait annoncer la graphie.

 

-  La graphie a été adaptée par l’ajout d’un accent aigu dans sombréro et téquila (de l’espagnol), scénario et pizzéria (de l’italien), édelweiss et bandonéon (de l’allemand), ce qui permet de mieux rendre compte de la prononciation de ces mots dans la langue emprunteuse.

 

-  D’intégration ancienne en français, certains mots ont connu des adaptations importantes : goéland (du breton gwelan), ramequin (du néerlandais rammeken), rutabaga (du suédois rotabaggar), édredon (du danois ederdun), ambassade (de l’italien ambasciata).

 

-  Pour les emprunts à des langues utilisant un système de notation différent de celui du français, on recourt à des transcriptions. On transpose ainsi en alphabet latin les mots issus de l’arabe, du mandarin, du grec, de l’hébreu, de l’inuktitut, du japonais, du russe, etc.

 

 

Pour en savoir davantage, vous pouvez consulter les différents articles classés sous le sous-thème Emprunts intégraux. Vous y trouverez des équivalents français à chacun des emprunts déconseillés qui sont traités.

 

 

Compléments :

 

L’emprunt linguistique : définition, contexte et traitement (Généralités sur les emprunts)

Typologie des emprunts (Généralités sur les emprunts)

Foire aux questions sur l’emprunt (Généralités sur les emprunts)

 

 

Article mis à jour en 2019

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Date de la dernière actualisation de la BDL : juillet 2019

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