Banque de dépannage linguistique


Les emprunts à l’anglais
Emprunts sémantiques



- Qu'est-ce qu'un emprunt sémantique?

 

L’emprunt sémantique, aussi appelé calque sémantique, consiste en l’attribution d’un sens nouveau à une forme déjà existante dans une langue, sous l’influence d’une autre langue.

 

 

Sens d’une forme anglaise attribué à une forme française identique ou similaire

 

Dans certains cas, le transfert du sens propre à la langue prêteuse s’effectue vers un mot dont la forme est identique ou similaire dans la langue emprunteuse. Ces emprunts sémantiques sont souvent jugés défavorablement puisqu’ils viennent, en quelque sorte, concurrencer des mots préexistants. Cependant, certains sont tout de même admis dans l’usage de nos jours.

 

Par exemple :

 

-  Le mot pamphlet est attesté depuis longtemps en français pour désigner un court écrit satirique, d’un ton violent et dirigé contre une personne ou une institution. C’est sous l’influence de l’anglais pamphlet qu’il a pris, au Québec, le sens de « prospectus ». Cet emploi est critiqué.

 

-  Le mot change connaît plusieurs sens en français. Au Québec, on lui donne parfois celui de « monnaie » (par exemple : avoir du change, garder le change). Cet emploi est attesté et critiqué depuis longtemps, car il provient de l’un des sens du mot anglais change.

 

-  Le sens premier de l’adjectif digital est « relatif aux doigts ». Le sens de « numérique » (par exemple : dans appareil photo digital, au lieu d’appareil photo numérique) est calqué de l’anglais digital et il est critiqué pour cette raison.

 

-  L’adjectif éligible et le nom éligibilité font référence à la possibilité, pour une personne, d’être élue. C’est sous l’influence de l’anglais eligible et eligibility qu’on leur donne souvent le sens de « admissible » et de « admissibilité » (à un concours, à une subvention, etc.). Ces emplois sont critiqués au Québec, mais ne le sont généralement pas dans les ouvrages de référence européens.

 

-  Le verbe réaliser a acquis, sous l’influence de l’anglais to realize, le sens de « prendre conscience de quelque chose, s’en rendre compte ». Cet emploi est généralement considéré comme standard de nos jours.

 

-  Le nom contact renvoie traditionnellement, dans la langue courante, à l’état de deux corps qui se touchent. Sous l’influence de l’anglais contact, il connaît aussi d’autres sens. Depuis le XIXe siècle, il désigne une relation entre des personnes; plus récemment, il a acquis le sens de « personne, considérée en fonction de la relation qu’elle entretient avec une autre ». Ces emplois sont aujourd’hui généralement admis.

 

 

Sens d’une forme anglaise attribué à une forme française équivalente

 

Dans d’autres cas, le transfert de sens s’effectue vers la forme équivalente dans la langue emprunteuse, vers la forme traduite, sans que cette dernière présente de similitude avec la forme à l’origine du calque. Plusieurs de ces emplois, servant à nommer des réalités nouvelles, sont plus facilement reçus dans l’usage. En effet, ils viennent en quelque sorte combler des lacunes lexicales. Toutefois, les emplois ainsi intégrés en français n’acquièrent pas tous une légitimité.

 

Par exemple :

 

-  Le mot vert a acquis de l’anglais green le sens de « surface gazonnée entourant un trou de golf ». Au Québec, ce mot est préféré à l’emprunt intégral green, bien que ce dernier soit reconnu en Europe francophone.

 

-  Le nom souris a pris un nouveau sens en informatique pour désigner, sous l’influence de l’anglais mouse, le dispositif de pointage relié à un ordinateur. Cet emploi est passé dans l’usage.

 

-  Le sens « sandwich de forme allongée » attribué au nom sous-marin résulte d’un emprunt à l’anglais submarine. Ce calque, désignant un mets caractéristique de la cuisine nord‑américaine, est accepté en français.

 

-  Dans certains sports, lorsqu’aucun point n’est accordé à l’adversaire, on parle de blanchissage. Ce calque québécois, de l’anglais whitewash, est aujourd’hui reconnu.

 

-  Le verbe venir est parfois utilisé, dans le domaine du commerce, dans le sens général de « être offert » (par exemple : modèle de pantalon qui vient en différentes couleurs). Calqué du verbe anglais to come, cet usage est déconseillé.

 

 

Pour en savoir davantage, vous pouvez consulter les différents articles classés sous le sous‑thème Emprunts sémantiques. Vous y trouverez des équivalents français à chacun des emprunts déconseillés qui sont traités.

 

 

Compléments :

 

L’emprunt linguistique : définition, contexte et traitement (Généralités sur les emprunts)

Typologie des emprunts (Généralités sur les emprunts)

Foire aux questions sur l’emprunt (Généralités sur les emprunts)

 

 

Article mis à jour en 2019

Haut

Date de la dernière actualisation de la BDL : mars 2019

Déclaration de services aux citoyens | Commissaire à la qualité des services | Accès à l'information | Politique de confidentialité

Portail du Gouvernement du Québec.

© Gouvernement du Québec, 2002