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Féminisation et rédaction épicène > Formation de noms féminins



- Comment former des noms féminins

 

Le principe général de formation du féminin en français est l’ajout d’un e muet au nom masculin. L’ajout de ce e entraîne souvent des changements dans la syllabe finale du nom, selon la consonne finale de la forme masculine. Le français dispose en fait de différents modèles d’alternance du masculin et du féminin, par exemple : -ant, -ante; -er, -ère;
-eur
, -euse; -en, -enne. Ces modèles résultent de l’évolution du français et reposent sur le caractère systématique de la langue. Pour former un nouveau nom féminin, il convient donc de choisir le modèle approprié en tenant compte des considérations énumérées ci-dessous. Toutefois, pour trouver rapidement la forme féminine d’une appellation de personne, vous pouvez consulter le sous-thème Répertoire de noms masculins et de noms féminins

 

·       De nombreux féminins de formation régulière font partie depuis longtemps du lexique français et ils ne doivent pas être mis en concurrence avec de nouvelles formes créées inutilement. Il faut donc employer les formes usuelles déjà existantes; on aura par exemple, comme féminin de directeur, directrice et non directeure.

 

·       De même, étant donné que, pour certains noms qui n’avaient pas de féminin, plusieurs formes féminines auraient pu être acceptables, il ne faut pas retenir une forme autre que celle dont l’usage est maintenant fixé, par exemple professeuse, qui concurrencerait inutilement professeure.

 

·       La formation du féminin par l’ajout du mot femme à une appellation de personne, comme dans femme médecin, n’est pas recommandée : il n’y a pas de symétrie entre le féminin et le masculin, qui n’est pas homme médecin. Il est toutefois possible, pour les appellations qui comportent déjà le mot homme, de remplacer ce dernier par femme (homme d’affaires, femme d’affaires). Il en va de même pour le passage du féminin au masculin. Ainsi, on aura sage-femme et sage-homme, mais non homme sage-femme. Pour en savoir davantage, consultez l’article L’emploi de « homme » et de « femme ».

 

·       Certains noms sont polysémiques (possèdent plus d’un sens). Ainsi, le mot débardeur désigne aussi bien une personne qu’un vêtement, le mot secrétaire évoque à la fois un meuble et une personne, et le mot cuisinière désigne une personne ou un appareil électroménager. Dans la grande majorité des cas, la polysémie n’empêche pas l’acquisition d’un nouvel emploi.

 

·       La péjoration attachée à un autre sens d’un mot peut parfois donner une coloration négative à un nouvel emploi de celui-ci; par exemple, le nom camelote, qui désigne de la marchandise de mauvaise qualité, est aussi la forme féminine régulière de camelot. Le sens péjoratif de ce mot ne doit cependant pas empêcher l’emploi de camelote comme féminin de camelot. Notons que la forme épicène une camelot est aussi correcte.

 

·       Enfin, n’oublions pas que les féminins d’usage récent, comme tous les mots nouveaux, sont parfois perçus comme insolites. Le plus souvent, ces premières impressions s’estompent avec le temps, et une nouvelle habitude langagière s’installe petit à petit.

 

 

Article mis à jour en 2018

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Date de la dernière actualisation de la BDL : novembre 2018

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