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Féminisation et rédaction épicène > Rédaction épicène > Généralités sur la rédaction épicène



Questions fréquentes sur la féminisation       Nouveauté

 

1.    Pourquoi utiliser les appellations de personnes au féminin dans les textes?

2.    Utiliser les appellations de personnes au féminin est-il obligatoire?

3.    Peut-on mettre en début de texte une note explicative qui justifie l’emploi du seul genre masculin pour alléger le texte?

4.    Le masculin « l’emporte-t-il » toujours sur le féminin?

5.    Peut-on utiliser les doublets abrégés (informaticien(ne), agriculteur(-trice), étudiant[e]s, entraîneur[-euse]) pour montrer que l’on parle aussi des femmes?

6.    Peut-on employer les noms qui se terminent en ‑eure comme professeure ou directeure?

7.    Que signifie le mot épicène?

8.    Comment écrire un texte qui intègre les noms féminins, mais qui ne soit pas trop lourd?

9.    Pourquoi les noms féminins de personnes ne sont-ils pas tous dans les dictionnaires?

10.   Féminise-t-on dans les autres pays francophones?

11.   Les femmes peuvent-elles choisir de se faire appeler par le nom masculin de leur fonction?

12.   Peut-on écrire un texte uniquement au féminin?

 

 

1.     Pourquoi utiliser les appellations de personnes au féminin dans les textes?

 

Le fait que des métiers et des professions qui étaient autrefois réservés aux hommes se soient peu à peu ouverts aux femmes a créé un besoin : il a fallu former des titres d’emploi au féminin afin de rendre compte de ce nouveau contexte socioprofessionnel. L’emploi des appellations au féminin coordonnées aux appellations au masculin vise avant tout à offrir une égale représentation des hommes et des femmes dans les textes.

 

 

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2.     Utiliser les appellations de personnes au féminin est-il obligatoire?

 

L’emploi d’appellations au féminin n’est pas obligatoire en ce sens que l’utilisation des désignations au masculin seulement ne constitue pas une erreur de vocabulaire. Toutefois, leur emploi a été recommandé dès 1979 par l’Office québécois de la langue française pour désigner les femmes. Un avis de recommandation officielle de l’Office, intitulé Féminisation des appellations de personnes et rédaction épicène, est paru en 2015 et a été révisé en 2018. Il continue d’encourager l’emploi des appellations au féminin et promeut la rédaction épicène afin de mieux représenter les femmes dans les textes et, par là même, de rendre visible leur place dans la société.

 

 

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3.     Peut-on mettre en début de texte une note explicative qui justifie l’emploi du seul genre masculin pour alléger le texte?

 

L’Office québécois de la langue française déconseille l’emploi d’une note comme Le masculin englobe les deux genres et est utilisé pour alléger le texte (voir l’avis de recommandation Féminisation des appellations de personnes et rédaction épicène). Une telle note ne permet pas de donner de visibilité aux femmes dans le texte ni de donner au texte un caractère inclusif. L’Office privilégie plutôt le recours aux divers procédés qu’offrent la féminisation lexicale et la rédaction épicène, résumés dans un article intitulé Aide-mémoire.

 

 

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4.     Le masculin « l’emporte-t-il » toujours sur le féminin?

 

Les règles grammaticales n’ont pas changé. Le masculin est encore le genre générique, c’est-à-dire le genre grammatical utilisé pour désigner les personnes sans distinction de sexe (par exemple, les enseignants pour parler des enseignants et des enseignantes). On comprendra toutefois que l’emploi exclusif du masculin générique (par exemple, l’employé lorsqu’il n’est pas uniquement question d’hommes) ne permet pas de donner de visibilité aux femmes dans les textes.

 

Le masculin est également toujours de mise dans l’accord de l’adjectif lorsque sont coordonnés un nom masculin et un nom féminin, comme dans les politiciennes et les politiciens étrangers.

 

Il est toutefois possible de revoir la formulation de cette règle pour la rendre plus adéquate. Plutôt que d’affirmer : « le masculin l’emporte sur le féminin », on peut dire : « l’accord doit se faire au genre masculin ».

 

 

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5.     Peut-on utiliser les doublets abrégés (informaticien(ne), agriculteur(-trice), étudiant[e]s, entraîneur[‑euse]) pour montrer que l’on parle aussi des femmes?

 

Étant donné que la rédaction épicène s’avère trop souvent mise de côté au profit du masculin générique par manque de place, l’Office québécois de la langue française juge que l’emploi des doublets abrégés (comme dans les exemples ci-dessus) est une option acceptable dans les contextes où l’espace est restreint, par exemple dans les tableaux, les formulaires et les publications sur des plateformes de microblogage. L’emploi des doublets abrégés dans ces contextes peut ainsi favoriser la féminisation d’un plus grand nombre d’écrits.

 

Dans l’usage, différents procédés typographiques et signes de ponctuation servent à créer des doublets abrégés : majuscule, point médian, barre oblique, trait d’union, virgule, point, parenthèses, crochets, etc. Tous les signes, excepté les signes doubles que sont les parenthèses et les crochets, entraînent des difficultés de rédaction, de lecture ou de compréhension. Par conséquent, l’Office privilégie l’emploi des parenthèses ou des crochets dans les doublets abrégés.

 

Il est à noter que les textes suivis offrent suffisamment d’espace pour intégrer les doublets complets. Ces derniers donnent la même visibilité à une désignation masculine et à une désignation féminine, les deux apparaissant en toutes lettres : une employée ou un employé.

 

 

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6.     Peut-on employer les noms qui se terminent en ‑eure comme professeure ou directeure?

 

L’emploi des noms féminins correspondant à des masculins en -eur peut poser certaines difficultés. Pour pallier l’absence de noms féminins, on a créé, selon le procédé général de formation, de nouveaux féminins par l’ajout d’un muet au nom masculin. On a ainsi créé, par exemple, professeure, docteure, gouverneure. L’emploi de ces nouvelles formes est tout à fait justifié et encouragé, puisque ces noms permettent maintenant de nommer les femmes dans leur fonction avec une appellation au féminin.

 

Par contre, d’autres noms en ‑eure, comme directeure et chercheure, ne sont pas retenus, puisqu’il ne s’agit pas de la forme régulière du féminin, contrairement aux féminins directrice et chercheuse, correctement formés et déjà bien établis en français.

 

Pour en savoir davantage sur les formes en ‑eure retenues et non retenues, vous pouvez consulter les articles Les noms en ‑eur et en ‑eure et Les noms féminins en ‑eure.

 

 

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7.     Que signifie le mot épicène?

 

L’adjectif épicène se dit d’un mot qui désigne ou caractérise un être animé et qui a la même forme au genre masculin et au genre féminin. Par exemple, les noms ministre, collègue et artiste, les adjectifs brave, agréable et magnifique, et les pronoms nous, on et qui sont tous épicènes. Ils pourront donc désigner ou caractériser aussi bien des hommes que des femmes.

 

De son côté, le terme rédaction épicène fait référence à une pratique d’écriture qui donne de la visibilité aux femmes dans les textes grâce à l’utilisation de doublets et qui confère également un caractère plus inclusif aux écrits par l’emploi de la formulation neutre.

 

 

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8.     Comment écrire un texte qui intègre les noms féminins, mais qui ne soit pas trop lourd?

 

Les textes rédigés de façon épicène sont parfois jugés inutilement lourds et redondants. Cela est souvent dû au fait que les noms féminins sont ajoutés après que la rédaction a été faite au masculin seulement. Concevoir dès le départ un texte épicène permet une rédaction de qualité. Il existe des procédés d’écriture qui permettent une féminisation légère ou encore une formulation neutre.

 

Pour en savoir davantage, vous pouvez consulter l’article Principes généraux de la rédaction épicène, et les sous-thèmes La féminisation syntaxique et La formulation neutre.

 

 

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9.     Pourquoi les noms féminins de personnes ne sont-ils pas tous dans les dictionnaires?

 

Il arrive que les appellations de personnes au masculin soient les seules à figurer dans les dictionnaires, qui ne consignent pas certains féminins existants, que ces derniers soient peu employés ou bien implantés dans l’usage. Par exemple, dans certains ouvrages de référence, le féminin écrivaine (ou sa finale ‑aine), pourtant attesté dès le XIXe siècle, n’est pas inscrit en entrée, à côté de la forme au masculin. Il est cependant tout à fait correct et courant, notamment au Québec. Il ne faut donc pas craindre d’utiliser des noms féminins, car la langue s’enrichit grâce à la néologie et à l’usage. On doit cependant respecter la logique du système. Soulignons que les choses évoluent et que les dictionnaires, d’une édition à l’autre, accueillent peu à peu les nouvelles formes.

 

 

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10.  Féminise-t-on dans les autres pays francophones?

 

La féminisation des appellations de personnes et des textes est pratiquée dans plusieurs régions de la francophonie. Au Québec, où l’emploi des noms féminins est le plus entré dans l’usage, cette féminisation a débuté dès 1979, lorsque l’Office québécois de la langue française a publié des recommandations officielles à ce sujet. L’Office a réaffirmé sa position en 2018 en publiant un avis de recommandation, intitulé Féminisation des appellations de personnes et rédaction épicène.

 

En Belgique, un décret a été publié en 1993 stipulant que les textes de l’Administration devaient être féminisés. En Suisse, la féminisation des titres a débuté dans les années 1990; dans le canton de Genève, une loi a imposé dès 1988 de féminiser les textes gouvernementaux. En France, on doit aussi utiliser, depuis 1997, les titres et les noms de professions au féminin dans les textes de l’Administration. L’Académie française a publié, en février 2019, un rapport intitulé La féminisation des noms de métiers et de fonctions, dans lequel elle expose ses recommandations sur le sujet.

 

Vous trouverez dans l’article Bibliographie sur la féminisation et la rédaction épicène les références de nombreux ouvrages sur le sujet provenant de divers pays francophones.

 

 

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11.  Les femmes peuvent-elles choisir de se faire appeler par le nom masculin de leur fonction?

 

Rien n’interdit aux femmes de choisir le nom masculin de leur titre de fonction et de se faire appeler, par exemple, Madame le président, Madame le directeur ou Madame le maire. Ce choix s’explique sans doute par la valorisation que l’on attribue encore à des fonctions traditionnellement occupées par des hommes. Par ailleurs, pour l’Office québécois de la langue française, il va de soi qu’il faut s’ouvrir à de nouveaux emplois des noms féminins et ne pas hésiter à opter pour l’appellation au féminin en mettant de côté les images qui peuvent y être associées. On peut penser, par exemple, aux noms désignant aussi des objets (arpenteuse ou cuisinière) ou ayant d’abord servi à désigner « l’épouse de… » (mairesse ou ambassadrice).

 

 

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12.  Peut-on écrire un texte uniquement au féminin?

 

Dans certains contextes de travail bien particuliers, pensons par exemple aux services de garde à l’enfance, le personnel est constitué d’une majorité de femmes. Il peut alors être tentant de rédiger des textes uniquement au féminin. Il est toutefois préférable d’écrire en s’adressant à toutes et à tous. L’objectif de la rédaction épicène n’est pas de supprimer la représentation des hommes dans les textes, mais bien de parvenir à des écrits plus génériques, inclusifs. Même si un milieu de travail ne comptait encore aucun homme, la pratique de la rédaction épicène et l’inclusion des appellations au masculin à côté des appellations au féminin permettraient d’ouvrir la porte au changement.

 

 

Article mis à jour en 2019

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Date de la dernière actualisation de la BDL : novembre 2019

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