Banque de dépannage linguistique


La prononciation
Notions de base en phonétique



La prosodie

 

La prosodie, c’est l’étude des traits phonétiques suprasegmentaux, c’est-à-dire les traits phonétiques qui se superposent à la chaîne formée par les phonèmes. Les éléments prosodiques, qu’on nomme prosodèmes, se réalisent en faisant intervenir l’intensité, la quantité, la durée et la hauteur du son. Ils sont par ailleurs susceptibles, tout comme les phonèmes, de varier d’une langue à l’autre.

 

Même s’ils ont parfois une fonction purement expressive, les phénomènes prosodiques jouent un rôle important dans l’échange linguistique, puisqu’ils guident l’interlocuteur et lui permettent d’anticiper, donc de décoder le message du locuteur plus efficacement. En outre, en effectuant un certain découpage syntaxique et sémantique, ils facilitent la compréhension de l’énoncé.

 

Parmi les éléments que la prosodie étudie, on compte entre autres les prosodèmes suivants : l’accent, le rythme, le ton, le débit et l’intonation.

 

L’accent est le relief sonore donné à certaines syllabes dans la chaîne parlée. On en distingue deux types : l’accent tonique, inhérent à la langue, qui contribue au rythme de la parole; et l’accent expressif (ou accent d’insistance), facultatif, qui est employé pour exprimer une émotion ou pour mettre un élément en évidence. En français, l’accent tonique est principalement déterminé par la durée et l’intensité de l’articulation.

 

Le rythme est créé par l’alternance plus ou moins régulière des syllabes accentuées, des syllabes inaccentuées et des pauses.

 

Le ton se manifeste généralement par une variation de la hauteur de la voix au cours de l’articulation d’un phonème ou d’un groupe de phonèmes. Il s’agit d’un élément distinctif utilisé dans certaines langues, comme le vietnamien, le chinois et le birman. En vietnamien, par exemple, [ma] (ma) signifie « joue » si la hauteur va en augmentant au cours de l’articulation; si la hauteur va plutôt en descendant, cette suite de phonèmes signifie plutôt « quoique ». Et la même syllabe signifie « fantôme » lorsque le ton est haut et uni. En français, le ton n’est pas un prosodème.

 

Le débit, c’est-à-dire la vitesse d’élocution, peut être considéré du point de vue de l’articulation : on pourrait noter, par exemple, que tel individu articule en moyenne 4,9 syllabes par seconde, sans tenir compte des pauses. Il s’agit de ce qu’on appelle le débit articulatoire. Autrement, le débit peut être envisagé du point de vue de la parole : un individu pourrait avoir, par exemple, un débit de parole moyen de 180 mots à la minute, en considérant les pauses silencieuses au cours de l’exécution.

 

L’intonation correspond à la variation de la hauteur de la voix au cours de l’énonciation. En français, par exemple, un énoncé comme Il réfléchit, articulé avec une courbe intonative montante puis descendante, est habituellement perçu comme déclaratif; le même énoncé, prononcé avec une courbe montante en finale, est plutôt interprété comme une question (Il réfléchit?).

 

 

Tout comme c’est le cas pour les phonèmes, les prosodèmes peuvent être transcrits à l’aide d’un système de notation. Ainsi, l’accent est noté à l’aide d’une petite ligne verticale semblable à l’apostrophe et placée avant la syllabe accentuée; le ton est représenté par un ou deux traits horizontaux ou légèrement inclinés, situés sur ou sous le phonème impliqué, selon la hauteur relative et sa variation; l’intonation est notée à l’aide d’une ligne continue qui monte et descend en fonction de la hauteur.

 

 

Pour en apprendre davantage, vous pouvez consulter les articles Les phones et les phonèmes, L’accent et La syllabe.

 

Pour vous familiariser avec les symboles de l'API utilisés dans la BDL, vous pouvez consulter l'article Alphabet phonétique international.

 

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Date de la dernière actualisation de la BDL : novembre 2018

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