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Octroyer

 

Le verbe octroyer, fréquemment employé dans les domaines de l’administration publique, de la gestion et de la finance, vient du latin auctorizare « autoriser ». Les dictionnaires de langue générale lui attribuent le sens d’« accorder à titre de faveur ». Mais, dans l’usage, octroyer apparaît couramment dans des contextes où il n’est pas question de favoritisme. Ainsi, on dira qu’un contrat ou qu’un permis a été octroyé. Faut-il en conclure que le verbe est souvent utilisé incorrectement? Pas d’emblée.

 

Autrefois, le verbe octroyer évoquait la bienveillance dont un souverain ou un dignitaire faisait preuve en accordant un titre de propriété, un duché, une grâce, etc. Mais, au fil du temps, le sens du verbe a évolué. La notion de faveur qu’octroyer exprime correspond aujourd’hui plus couramment à une acceptation, à un consentement au sens large qu’à une sorte de passe-droit. Une personne qui octroie quelque chose peut faire preuve de favoritisme, mais l’emploi moderne du verbe octroyer ne suggère pas forcément une conduite partiale de la part de cette personne.

 

Cela étant dit, on ne peut quand même pas employer le verbe octroyer indifféremment de accorder ou de donner. Quand il y a octroi, quelque chose est donné par une autorité qui possède un pouvoir discrétionnaire; ce quelque chose, qui n’est pas un dû, est profitable à qui le reçoit.

 

Exemples :

 

- Le gouvernement octroiera le contrat pour la construction de cet hôpital au plus bas soumissionnaire.

- En raison de son handicap visuel, Luc ne peut se voir octroyer un permis de conduire.

- La ministre a octroyé une importante subvention à cet organisme de bienfaisance.

- Pouvez-vous m’octroyer un délai pour le paiement de cette somme?

- Des crédits d’impôt sont maintenant octroyés pour l’achat de véhicules écoénergétiques.

- La banque leur a octroyé le prêt demandé pour l’achat d’une nouvelle maison.

- Madame Beaulieu octroie une allocation hebdomadaire de dix dollars à chacune de ses deux filles.

 

Par ailleurs, le verbe octroyer, parce qu’il met l’accent sur un geste posé par une autorité, peut parfois revêtir une connotation péjorative. Il traduit ainsi une attitude hautaine dans les contextes où il est question d’altruisme, de reconnaissance ou de mérite. Le cas échéant, à moins de vouloir clairement exprimer que quelque chose a été accordé avec condescendance, il est préférable de remplacer octroyer par un autre verbe tel que décerner, distribuer, délivrer. Il en est d’ailleurs de même pour le nom octroi, qui signifie « action d’octroyer ».

 

Exemples :

 

- Il rend de nombreuses visites à son vieil ami malade. (plutôt que : il octroie)

- Le prix hommage du bénévole de l’année a été décerné à monsieur Tremblay.
(plutôt que : a été octroyé)

- Le conseil d’administration de l’université se charge de la délivrance des certificats.
(plutôt que : de l’octroi)

- Ce riche homme d’affaires a finalement accepté d’octroyer deux mille paniers de Noël aux plus démunis. (ou, sans connotation : a accepté de distribuer)

 

Du reste, quand le sujet d’octroyer n’est pas une personne, le verbe signifie tout simplement « offrir, permettre »; quand octroyer est employé à la voix pronominale, il veut dire « prendre d’autorité ». Notons que ce dernier emploi a parfois une valeur ironique.

 

Exemples :

 

- Un abonnement dans notre centre sportif octroie différents avantages, dont l’accès gratuit à la piscine.

- Même en période de crise économique, les actionnaires de cette compagnie n’ont pas hésité à s’octroyer une généreuse augmentation salariale.

 

Au Québec, on a longtemps condamné l’emploi du nom octroi au sens de « subvention ». De vieux ouvrages de langue précisent que octroi signifie non pas « subvention », mais « action d’accorder quelque chose ». Les réticences du passé à propos du sens québécois d’octroi se sont perpétuées et, de fait, le nom n’est plus guère employé, de nos jours, pour désigner une aide financière accordée par l’État.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : août 2017

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