Banque de dépannage linguistique


La syntaxe
Constructions syntaxiques boiteuses



Adjectif qualificatif ou participe passé détaché du reste de la phrase

 

Il arrive qu’un adjectif qualificatif ou un participe passé soit isolé du reste de la phrase à l’aide de la virgule. Employé seul ou formant le noyau d’un groupe de mots plus complexe, cet adjectif ou ce participe apporte une précision à propos de ce dont on parle. Pour des raisons de clarté, un tel adjectif ou participe détaché en tête de phrase (ou de subordonnée) doit normalement se rapporter au sujet de la phrase (ou de la subordonnée) dans laquelle il s’insère.

 

Exemples fautifs :

 

-  Satisfait, un grand sourire s’affiche sur les lèvres de Marc. (Ce n’est pas le sourire qui est satisfait.)

-  Très costaud, le pelage noir et roussâtre du berger allemand lui donne fière allure.

-  Aussi intelligente que compétente, les collègues de cette médecin sont jaloux d’elle.

-  Créée par l’Office québécois de la langue française, Yasmina vous présentera la Banque de dépannage linguistique.

-  Le directeur de l’usine a annoncé qu’une fois instaurées, les risques d’accidents diminueraient grâce aux nouvelles mesures de sécurité.

 

On écrira plutôt :

 

-  Satisfait, Marc affiche un grand sourire sur ses lèvres.

-  Très costaud, le berger allemand a fière allure avec son pelage noir et roussâtre.

-  Aussi intelligente que compétente, cette médecin suscite la jalousie de ses collègues.

-  Créée par l’Office québécois de la langue française, la Banque de dépannage linguistique vous sera présentée par Yasmina.

-  Le directeur de l’usine a annoncé qu’une fois instaurées, les nouvelles mesures de sécurité permettraient de diminuer les risques d’accidents.

 

 

La règle qui vient d’être énoncée ne reflète toutefois pas invariablement l’usage. Il existe d’ailleurs de nombreuses dérogations à ce principe syntaxique dans les textes littéraires. En réalité, quand le contexte permet de lever toute équivoque, on fait bien souvent peu de cas de phrases qui devraient pourtant être considérées comme mal construites selon la règle.

 

Exemple :

 

-  « N’aie pas peur » ajouta Vanessa en riant de mon hésitation à traverser la pièce vide. Je m’assis en face d’elle, intimidé. Allongée sur un divan bas, la lampe voilée la laissait presque tout entière dans l’ombre. (J. Gracq)

 

Notons cependant que, dans les textes où l’on attend de la part du rédacteur qu’il respecte scrupuleusement les prescriptions grammaticales, notamment dans la correspondance administrative et dans les travaux scolaires, il vaut mieux ne pas enfreindre la règle.

 

 

Lorsqu’ils sont insérés en milieu ou en fin de phrase, les adjectifs et les participes détachés peuvent renvoyer au sujet de la phrase ou de la subordonnée dans laquelle ils s’insèrent, ou encore à un complément du verbe.

 

Exemples :

 

-  Laurence, jusque-là restée en retrait, prit la situation en main.

-  Nous regardions, trop mignon, notre fils dormir.

-  Pour éviter de paniquer, je m’adressai à Julien, toujours inébranlable.

-  J’ai su que les policiers l’avaient finalement arrêté hier, complètement drogué.

 

 

Toutefois, peu importe l’endroit où l’adjectif qualificatif ou le participe passé détaché est inséré dans la phrase, toute structure causant des difficultés d’interprétation devrait être évitée.

 

Exemples fautifs :

 

-  Partis très tôt, nous n’avons pu les rencontrer.

-  Cette femme ne peut voir sa mère, emprisonnée depuis cinq ans.

-  Le directeur, à peine sorti de l’ascenseur, me demanda de l’attendre.

 

On écrira plutôt :

 

-  Comme nous sommes partis très tôt, nous n’avons pu les rencontrer. (ou : Comme ils sont partis très tôt, nous n’avons pu les rencontrer.)

-  Cette femme ne peut voir sa mère, qui est emprisonnée depuis cinq ans. (ou : Cette femme emprisonnée depuis cinq ans ne peut voir sa mère.)

-  Le directeur venait à peine de sortir de l’ascenseur lorsqu’il me demanda de l’attendre. (ou : J’étais à peine sorti de l’ascenseur lorsque le directeur me demanda de l’attendre.)

 

 

Pour en savoir davantage sur les ruptures syntaxiques dans la construction de la phrase, vous pouvez consulter les articles Sujet sous-entendu de l’infinitif et Sujet sous-entendu du participe présent.

 

 

Article rédigé en 2018

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Date de la dernière actualisation de la BDL : novembre 2018

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