Banque de dépannage linguistique


La syntaxe
Constructions syntaxiques boiteuses



Sujet sous-entendu de l'infinitif

 

Il arrive qu’un verbe à l’infinitif précédé d’une préposition soit introduit dans un énoncé pour y jouer le rôle de complément de phrase. Pour des raisons de clarté, le sujet sous-entendu de ce verbe à l’infinitif doit normalement être le même que le sujet du verbe conjugué de la phrase (ou de la subordonnée) dans laquelle s’insère cet infinitif. Notons que le verbe à l’infinitif peut être au présent ou au passé; il peut également être employé seul ou former le noyau d’un groupe de mots plus complexe.

 

Exemples :

 

-  Tout juste après avoir quitté la salle de cinéma, mon téléphone cellulaire a sonné. (Ce n’est pas le téléphone cellulaire qui a quitté la salle de cinéma.)

-  Pour éviter les chutes, le médecin a recommandé à ton grand-père d’utiliser une canne.

-  Après s’être évanouie, le chauffeur du taxi a tenté de secourir la passagère blessée.

-  Nous pouvons remarquer que la nervosité des athlètes, avant de participer à une compétition, est à son comble.

-  L’agente de voyages lui a vendu un forfait adapté à ses besoins afin de pouvoir voyager au Mexique en toute quiétude.

 

On écrira plutôt :

 

-  Tout juste après que j’eus quitté la salle de cinéma, mon téléphone cellulaire a sonné.

-  Pour qu’il évite les chutes, le médecin a recommandé à ton grand-père d’utiliser une canne.

-  Après qu’elle se fut évanouie, le chauffeur du taxi a tenté de secourir la passagère blessée.

-  Nous pouvons remarquer que les athlètes, avant de participer à une compétition, sont au comble de la nervosité.

-  L’agente de voyages lui a vendu un forfait adapté à ses besoins afin qu’il puisse voyager au Mexique en toute quiétude.

 

 

La règle qui vient d’être énoncée admet cependant plusieurs exceptions. En réalité, quand le contexte permet de lever toute équivoque, on ne détecte généralement pas l’infinitif complément de phrase dont le sujet sous-entendu diffère de celui du verbe conjugué de la phrase (ou de la subordonnée). C’est le cas notamment dans certaines tournures passives ou impersonnelles. Néanmoins, dans les textes où l’on s’attend à ce que le rédacteur respecte parfaitement les prescriptions grammaticales, par exemple dans la correspondance administrative et dans les travaux scolaires, il vaut mieux ne pas enfreindre la règle.

 

Exemples :

 

-  En vue de renouveler la convention collective, une entente de principe a été conclue entre le syndicat et l’employeur.

-  Pour ensemencer, il doit faire assez chaud.

 

 

Cependant, dans tous les cas, si un énoncé comprenant un infinitif complément de phrase cause des difficultés d’interprétation, il devrait être reformulé.

 

Exemple fautif :

 

-  Sans l’en avoir informé, Éric a découvert que Jean avait enregistré la conversation.

 

On écrira plutôt :

 

-  Éric a découvert que Jean avait enregistré la conversation sans l’en avoir informé.

-  Éric a découvert que Jean avait enregistré la conversation, mais il ne l’en a pas informé.

 

 

Pour en savoir davantage, vous pouvez consulter les articles Le complément de phrase, Fonctions nominales de l’infinitif, Fonctions verbales de l’infinitif, Généralités sur l’infinitif, Impératif et infinitif, Adjectif qualificatif ou participe passé détaché du reste de la phrase et Sujet sous-entendu du participe présent.

 

 

Article rédigé en 2018

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Date de la dernière actualisation de la BDL : novembre 2018

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