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Échapper

 

Le verbe échapper dans son emploi transitif pour signifier qu’une personne fait tomber involontairement un objet qu’elle tenait dans sa ou ses mains (quelqu’un échappe quelque chose) est sorti de l’usage général en France au XXe siècle. Il est toutefois resté usuel dans plusieurs régions en France, mais aussi ailleurs dans la francophonie, notamment au Québec, où son emploi est admis et ne fait pas, de manière générale, l’objet de critique, ce qui explique sans doute qu’on le trouve à l’oral comme à l’écrit. Il est bon, toutefois, de savoir que les locutions verbales faire tomber ou laisser tomber sont aujourd’hui des formes équivalentes plus couramment usitées en français général.

 

Exemples :

 

- J’ai échappé mon stylo sous la table. (ou : ai laissé tomber)

- Pendant la traversée, elle a échappé son gant par-dessus bord. (ou : a fait tomber)

- L’enfant avait-il échappé son jouet du haut du balcon? (ou : avait-il laissé tomber)

- Quand il a échappé son téléphone, l’écran s’est fissuré. (ou : a fait tomber)

- On a dû ramasser en vitesse tout ce qu’on avait échappé par terre avant l’arrivée des invités. (ou : avait fait tomber)

- Elle a malheureusement échappé le vase qu’elle pensait offrir. (ou : a fait tomber; ou, en reformulant : le vase lui a échappé des mains, lui a glissé des mains, lui est tombé des mains, ou encore elle a senti le vase lui échapper)

 

 

Dans le vocabulaire sportif, le verbe échapper se dit au Québec en parlant d’un joueur qui ne réussit pas à saisir la balle, la rondelle ou le ballon qui lui était destiné ou qui en perd la maîtrise. Il faut y voir une spécialisation du sens précédent. On le relève également en France dans des descriptions de parties de rugby notamment.

 

Exemples :

 

- Une belle remontée du joueur de centre qui échappe malheureusement la rondelle devant le filet. (ou : laisse échapper, perd)

- Le receveur a échappé la balle, ce qui a permis au frappeur de se rendre au premier coussin. (ou : a laissé échapper)

- Le quart-arrière a tenté une longue passe au demi offensif qui a malheureusement échappé le ballon. (ou : n’a pas réussi à attraper)

 

Au figuré, on relève parfois, au Québec, les expressions échapper la balle ou le ballon au sens de « ne pas être à la hauteur, échouer ». Il s’agit d’un calque de l’expression familière to drop the ball, de même sens, courante en anglais nord-américain.

 

Exemples :

 

- Dans cette triste affaire, les partis s’accusent mutuellement de n’avoir pas su gérer la situation. (et non : d’avoir échappé la balle)

- Des experts font le constat que le gouvernement n’a pas été à la hauteur dans ce dossier. (et non : a échappé le ballon)

 

Toujours dans le domaine du sport, il faut aussi éviter d’employer l’expression échapper (la partie, le match, le point) au sens de « perdre ». Il s’agit là encore d’un calque de l’anglais familier to drop (a game, a match, a point).

 

Exemples :

 

- L’équipe a perdu le match par la marque de 2-1. (et non : échappé)

- Ils ont perdu la partie en raison de leur manque de discipline. (et non : échappé)

- Les joueurs affronteront ce soir la seule équipe de la ligue qui n’a toujours pas perdu un seul point au classement à domicile cette saison. (et non : échappé)

- Les favoris ont perdu le match à trois minutes de la fin quand l’équipe adverse a marqué un touché. (et non : échappé)

 

 

Vous pouvez également consulter les articles L’échapper belle, Réchapper et rescaper ainsi que Rechaper et réchapper.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : juin 2017

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