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Majuscules > Emploi de la majuscule pour des types de dénominations



Désignations de peuples autochtones

 

Le mot autochtone

 

Le mot autochtone a notamment le sens de « personne vivant sur le territoire habité par ses ancêtres depuis un temps immémorial ». Plus spécialement, en contexte canadien, il peut faire référence aux Amérindiens, aux Inuits et aux Métis, reconnus comme peuples autochtones en vertu de la Loi constitutionnelle de 1982.

 

Lorsqu’il désigne l’entité sociopolitique que forme l’ensemble de ces peuples, ou encore les personnes qui appartiennent à ceux-ci, autochtone peut être considéré comme un nom propre et prendre une majuscule initiale (d’après l’avis de l’Office de la langue française, Gazette officielle du Québec, 26 juillet 1997). En tant qu’adjectif, autochtone garde la minuscule.

 

Exemples :

 

  un autochtone (ou : un Autochtone)

  des autochtones (ou : des Autochtones)

  les femmes autochtones

  la population autochtone au Canada

 

 

Les désignations de peuples autochtones

 

Les désignations de peuples autochtones, tout comme les autres désignations de peuples ou d’habitants, prennent une majuscule initiale. La règle s’applique tant aux noms de peuples autochtones qu’aux noms de nations amérindiennes. S’il s’agit d’un composé, les deux éléments prennent la majuscule.

 

Exemples :

 

  les Amérindiennes

  les Métis

  une Inuite

  les Algonquins

  un Mohawk

  les Hurons-Wendats

 

Les adjectifs correspondant aux noms de peuples ainsi que les noms de langues s’écrivent avec une minuscule initiale.

 

Exemples :

 

  une famille amérindienne

  un chef métis

  un entrepreneur inuit

  la langue algonquine

  la culture mohawk

  les traditions huronnes-wendates

  un site Web en innu

  l’apprentissage de l’inuktitut

 

 

Le mot nation

 

Le mot nation, en parlant d’un groupement humain important partageant un sentiment d’appartenance et, notamment, des liens historiques, linguistiques et culturels, peut désigner en particulier les peuples amérindiens, tout spécialement ceux du Canada. Dans ce sens, suivi d’un nom ou d’un adjectif faisant référence à un peuple donné, nation s’écrit en principe avec une minuscule initiale. Toutefois, on le rencontre parfois écrit avec une majuscule de signification, par exemple dans les noms d’entités administratives ou politiques représentant certaines nations, ou encore dans des documents officiels qui leur sont destinés. Dans de tels cas, l’usage veut généralement que l’on respecte la graphie avec majuscule retenue par l’entité elle-même. Évidemment, il est souhaitable d’en arriver à une certaine uniformité dans les textes en matière de majuscules. Cet emploi de nation rejoint celui de Première Nation au singulier, présenté ci-dessous.

 

Exemples :

 

  L’entente officialise le partenariat avec la nation micmaque pour la mise en valeur du site.

  Le musée présente une exposition consacrée aux traditions de la nation des Naskapis.

  Elle a été élue au sein du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg.

  La demande a été transmise au Conseil de la Nation crie de Mistissini.

 

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La désignation Premières Nations

 

La désignation Premières Nations, au pluriel, fait référence aux Amérindiens, le plus souvent à ceux du Canada seulement. Elle ne s’applique pas aux Inuits ni aux Métis, reconnus comme des peuples distincts. Considérée comme un nom propre, au même titre que les noms de peuples ou d’habitants, elle s’écrit avec des majuscules initiales. Elle s’emploie aussi, plus rarement, au singulier lorsqu’il est question d’une nation amérindienne en particulier. Dans ce dernier emploi, les minuscules seraient attendues, mais on rencontre souvent première nation écrit avec des majuscules de signification, notamment dans des noms officiels d’entités administratives ou politiques, ou encore dans des documents officiels qui leur sont destinés. Dans de tels cas, l’usage veut généralement que l’on respecte la graphie avec majuscule retenue par l’entité elle-même. Évidemment, il est souhaitable d’en arriver à une certaine uniformité dans les textes en matière de majuscules. Cet emploi de première nation rejoint celui de nation, présenté ci-dessus.

 

Exemples :

 

  Les chefs des Premières Nations se sont rassemblés pour discuter de développement économique.

  L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador s’est prononcée en faveur du projet.

  Plusieurs aînés de la première nation attikamek s’étaient réunis pour l’événement.

  La chef de la Première Nation malécite de Viger s’est adressée aux jeunes de sa communauté.

  Les citoyens sont invités à assister à la rencontre du Conseil de la Première Nation des Innus Essipit.

 

 

Les variantes

 

La graphie des noms de peuples autochtones peut varier. En effet, les communautés elles-mêmes adoptent parfois des formes différentes de celles privilégiées en français. Si l’une de ces variantes apparaît dans un nom officiel, il convient d’en respecter la graphie. Dans les autres contextes, il demeure préférable de recourir aux formes reconnues en français. À titre d’exemple, signalons que les Attikameks optent généralement pour la variante Atikamekw (invariable en genre et en nombre), et les Abénaquis, pour Abénakis.

 

Le mot wendat est parfois considéré comme invariable. Toutefois, l’Office québécois de la langue française privilégie la variation en genre et en nombre, conformément aux principes d’adaptation énoncés dans sa Politique de l’emprunt linguistique. On écrira ainsi, par exemple, des légendes wendates, une Huronne-Wendate.

 

 

Les changements d’appellations

 

Depuis plusieurs années déjà, on a observé des changements dans les dénominations de peuples autochtones. En effet, de nos jours, certaines appellations données autrefois par les colonisateurs ou jugées péjoratives sont devenues moins fréquentes dans l’usage. Dans un processus de réappropriation culturelle, certains peuples ont par ailleurs revendiqué des appellations issues de langues autochtones. On a ainsi vu, au cours des dernières décennies, les noms Indien et Esquimau être progressivement remplacés par Amérindien et Inuit, respectivement. C’est également dans cet esprit qu’Attikamek a remplacé Tête-de-Boule et, plus récemment, qu’on a vu s’implanter Innu, préféré à Montagnais, et Wendat ou Huron-Wendat, préférés à Huron.

 

 

Compléments :

 

Majuscule de signification (Règles générales d’emploi de la majuscule)

Nation (Emploi de la majuscule pour des noms particuliers)

Peuples et habitants (Emploi de la majuscule pour des types de dénominations)

 

 

Article rédigé en 2018

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Date de la dernière actualisation de la BDL : novembre 2018

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