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Bonjour au sens de « au revoir »

 

Il existe en français de nombreuses formules de salutation. L’utilisation de celles-ci peut varier, par exemple, en fonction du moment de la journée et de la situation. C’est ainsi, par exemple, qu’on oppose bonjour à bonsoir et bonjour à au revoir.

 

Au Québec, on emploie couramment bonjour, durant la journée, au moment de quitter quelqu’un, c’est-à-dire dans le sens de « au revoir ». Dans un contexte à caractère officiel, par exemple au moment de conclure un appel téléphonique professionnel, on optera toutefois pour au revoir, et non pour bonjour.

 

Exemples :

 

  Merci de votre appel. Au revoir, madame*.

  Avant de partir, il a tenu à dire au revoir personnellement à chaque convive.

 

Même s’il n’appartient pas au français général, l’emploi de bonjour au moment de prendre congé de quelqu’un n’est pas incorrect et il s’explique historiquement. Par contre, il n’est pas non plus tout à fait neutre. En effet, il est plutôt associé, du moins de nos jours, à la conversation courante, à des contextes plus familiers.

 

Exemples :

 

  Les enfants, mamie s’en va. Venez lui dire bonjour.

  Tu pars déjà? Alors bonjour et à demain.

  Bonjour, Pierre. Sois prudent sur la route et reviens nous voir bientôt.

  Penses-tu qu’elle est fâchée? Elle a raccroché sans même dire bonjour.

  Pères, mères, parents étaient là pour lui dire adieu, mais comme on le dit aux gens qu’on ne doit pas tarder à revoir : « Bonjour et à bientôt, n’est-ce pas ? » (Jules Verne)

  Bonjour, là, bonjour (pièce de théâtre de Michel Tremblay)

 

 

Ainsi, comme terme de salutation employé tant au moment de rencontrer une personne que de la quitter, bonjour se compare à bonsoir, employé plutôt en fin de journée ou en soirée. Il se compare en outre à salut, qui est cependant plus familier et s’utilise aussi bien le jour que le soir.

 

Cet emploi de bonjour au sens de « au revoir » n’est pas récent. En effet, il est attesté en français depuis au moins le XVIIe siècle, même s’il n’a été relevé dans des ouvrages de référence qu’à partir du milieu du XIXe siècle. La formule équivalente au revoir s’est pour sa part imposée à partir de la fin du XVIIIe siècle, ce qui aurait contribué à la restriction du sens de bonjour, désormais employé plutôt lorsque l’on rencontre quelqu’un. Les deux formes se sont donc concurrencées pendant une certaine période avant qu’au revoir ne s’impose dans l’usage général.

 

L’emploi de bonjour au sens de « au revoir » semble avoir fait l’objet de peu de critiques. Alors qu’il est simplement considéré comme peu fréquent par certains auteurs, il est marqué du point de vue géographique dans la plupart des dictionnaires contemporains qui le relèvent. En effet, aujourd’hui sorti de l’usage général, cet emploi est demeuré bien vivant au Québec ainsi que dans certaines régions de France, ce dont rendent compte ces ouvrages. On le trouve par ailleurs en français louisianais.

 

 

* Puisqu’on transcrit ici une conversation, des propos d’un dialogue, madame s’écrit avec une minuscule initiale, car on n’est pas dans un contexte épistolaire. La majuscule est de mise dans l’appel et la salutation d’une lettre, ou sur une carte d’invitation.

 

 

Compléments :

 

Conclure un appel (Communications téléphoniques)

Formules usuelles à utiliser au téléphone (Communications téléphoniques)

 

 

Article rédigé en 2018

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Date de la dernière actualisation de la BDL : décembre 2018

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