Banque de dépannage linguistique


Dans les coulisses de la langue



Twitter et Tweet : peut-on les utiliser?

 

Les articles fouillés du thème Dans les coulisses de la langue donnent accès à des réflexions approfondies sur des questions de français, offrant de fait une perspective élargie sur les travaux linguistiques réalisés à l’Office québécois de la langue française. Ils sont classés par ordre alphabétique.

 

 

Twitter et Tweet sont des noms déposés réservés aux produits de la marque en question. Sur le plan juridique, les noms déposés sont protégés et ne peuvent donc servir de génériques. En d’autres mots, un nom de marque déposée ne devient jamais un nom commun, à moins que le déposant n’abandonne ses droits, auquel cas on ne parle plus de marque déposée.

 

Dans la langue technique, Twitter ne peut être un synonyme de plateforme de microblogage, ce dernier étant le terme général employé pour l’une ou l’autre des plateformes de ce type. Twitter ne s’utilise donc que pour la plateforme de microblogage Twitter. Il en va de même pour Tweet, qui ne peut être employé comme nom commun pour désigner tout micromessage rédigé ou envoyé sur une plateforme de microblogage. Son usage devrait donc également être restreint aux micromessages échangés sur la seule plateforme Twitter.

 

 

Les dérivés

 

Tweet comporte en outre plusieurs dérivés ou composés, tels que les verbes tweeter, « communiquer par le réseau Twitter », et retweeter, « rendre accessible à ses abonnés du contenu numérique publié par un autre utilisateur de Twitter ». Même si, dans l’usage, ces dérivés ou composés sont utilisés pour désigner des réalités communes à toutes les plateformes de microblogage, il est conseillé d’utiliser les termes génériques. Pour remplacer le verbe tweeter, il y a le verbe microbloguer, plus englobant. Le verbe retweeter, quant à lui, pourra être remplacé par partager, relayer ou retransmettre. Pour nommer l’internaute actif sur une plateforme, on parlera de microblogueur ou de microblogueuse, au lieu de twitteur ou de twitteuse. Quant au court message rédigé et diffusé par ce moyen, on peut le nommer micromessage, mais aussi microbillet ou microtexte. Autrement dit, les dérivés de Tweet ne devraient être employés que pour la plateforme de microblogage Twitter.

 

Dans ce même ordre d’idées, on évitera d’employer les traductions des appellations de marques déposées. En l’occurrence, force est de constater que la série formée à partir du substantif gazouillis (gazouiller, gazouillage, etc.) résulte de la traduction littérale du terme Twitter et de ses dérivés. Ceux-ci pourraient également être assujettis aux mêmes réglementations que l’appellation de la marque de commerce dans sa langue d’origine. Ces traductions ne devraient donc être employées que pour parler de la plateforme Twitter.

 

En somme, en recourant à des termes généraux et plus englobants, on peut nommer les concepts tout en contournant les contraintes réelles ou potentielles de propriétés juridiques.

 

 

Notons par ailleurs que Twitter et Tweet s’écrivent en romain avec une majuscule, suivant les règles d’écriture des marques de commerce. (S’ils apparaissent parfois en italique dans le présent texte, c’est parce qu’ils y sont spécialement employés comme autonymes, c’est-à-dire comme mots qui se désignent eux-mêmes.)

 

 

Compléments :

 

Marques de commerce (Autres types de noms propres)

Sous-thème Rédaction dans les réseaux sociaux

 

 

Article rédigé en 2018

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Date de la dernière actualisation de la BDL : novembre 2018

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