Banque de dépannage linguistique


Dans les coulisses de la langue



Une langue, un nombre infini de mots

 

Les articles fouillés du thème Dans les coulisses de la langue donnent accès à des réflexions approfondies sur des questions de français, offrant de fait une perspective élargie sur les travaux linguistiques réalisés à l’Office québécois de la langue française. Ils sont classés par ordre alphabétique.

 

 

La richesse d’une langue, c’est sa capacité de répondre aux besoins expressifs de ses locuteurs et de ses locutrices; c’est l’abondance de ses mots sans doute, mais aussi et surtout leur flexibilité, leur aptitude à construire des significations multiples, à exprimer la réalité dans toute sa complexité.

 

C’est ainsi que la quantification des mots d’une langue est chose pratiquement impossible, car la notion de mot est rendue très complexe par l’existence bien réelle :

 

·         des homographes (ex. : fils électriques et fils unique);

·         des homophones (ex. : mère, mer et maire);

·         des mots polysémiques, c’est-à-dire qui ont plusieurs sens (ex. : addition « opération mathématique » ou « note » au restaurant);

·         des mots composés (ex. : pare-brise ou pomme de terre);

·         sans parler des termes complexes ou groupes de mots spécialisés (ex. : signe typographique ou juste-à-temps).

 

Dans le domaine de la pratique lexicographique pourtant, c’est-à-dire dans l’élaboration des dictionnaires, on continue à se servir, du moins couramment, de cette notion de mot. Mais techniquement, on parle plutôt d’entrées qui constituent une nomenclature et qui font l’objet d’articles. Régionalismes, archaïsmes, emprunts, mots rares ou appartenant à différents niveaux de langue, mots techniques ou termes rattachés aux activités et aux champs de connaissance très spécialisés peuvent ainsi être ou ne pas être inclus dans la nomenclature de tel ou tel dictionnaire.

 

Pour constituer ces nomenclatures, les lexicographes font donc des choix selon la vocation des différents dictionnaires, les besoins de leurs utilisateurs et de leurs utilisatrices ainsi que les contraintes commerciales. Plusieurs de ces choix sont connus chaque année, au moment de l’intégration de « mots nouveaux », et à intervalles réguliers, lors de la révision d’une édition. Qui n’a d’ailleurs jamais entendu parler de ces « mots nouveaux » que Le petit Robert ou Le petit Larousse intègrent invariablement quelques semaines avant chaque rentrée?

 

De fait, les dictionnaires renferment plusieurs dizaines de milliers de mots : 58 000 pour le Dictionnaire Hachette de 2018; plus de 60 000 pour l’édition des 50 ans du Petit Robert de la langue française; et encore plus pour l’édition du bicentenaire du Petit Larousse illustré, pour ne mentionner que les versions papier de ces trois usuels, publiés en France. Pour sa part, le dictionnaire en ligne Usito, produit au Québec, offre plus de 80 000 mots.

 

Quoi qu’il en soit, la langue est à ce point féconde qu’il reste impossible d’en dénombrer tous les mots. Certains tombent en désuétude (ex. : mauvaiseté au sens de « méchanceté »), tandis que plusieurs acquièrent de nouveaux sens (ex. : souris en informatique), et que d’autres sont créés (ex. : vélorue) ou empruntés tous les jours (ex. : sushi). Dès lors, tout décompte est arbitraire.

 

 

Article rédigé en 2018

Haut

Date de la dernière actualisation de la BDL : novembre 2018

Déclaration de services aux citoyens | Commissaire à la qualité des services | Accès à l'information | Politique de confidentialité

Portail du Gouvernement du Québec.

© Gouvernement du Québec, 2002