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Piqueter, piquetage...

 

Des conflits de travail amènent des groupes de travailleurs et de travailleuses à manifester leur insatisfaction ou à exprimer leurs revendications. Les termes piqueter, piquetage, ligne de piquetage, piqueteur et piqueteuse peuvent être employés sans problème pour rendre compte de cette réalité : ils sont bien formés et utiles. Ces termes propres au français québécois relèvent d’un registre tout à fait neutre; on les trouve attestés notamment dans des textes administratifs ou juridiques, dans le domaine des relations de travail comme dans la langue courante.

 

Qu’ils aient été traduits de l’anglais (to picket, picketing, picket line ou picketer) ou qu’ils résultent d’un développement sémantique semblable à celui qu’a connu, en français, le mot piquet pour en arriver à s’employer dans la locution piquet de grève, leur construction est tout à fait correcte.

 

Exemples :

 

-  Les salariés de la multinationale ont piqueté durant six mois.

-  Le groupe souhaite abolir un règlement interdisant le piquetage sur les lieux de travail.

-  Une solidarité exemplaire régnait parmi les piqueteurs et les piqueteuses.

 

Quant à la locution ligne de piquetage, ligne y est employé dans le sens tout à fait français de « suite alignée de personnes placées côte à côte » et prend tout son sens dans l’expression franchir une ligne de piquetage. Rien n’empêche cependant de parler de cordon ou de barrage de grévistes, ou de piquet de grève, ce dernier terme étant aussi attesté au Québec et généralement employé ailleurs dans la francophonie.

 

Exemples :

 

-  Elles refusaient de traverser la ligne de piquetage par solidarité.

-  Personne n’est tenu de franchir la ligne de piquetage.

-  Est-il prévu que soit érigé un piquet de grève devant cette entrée?

 

 

Compléments (Le grand dictionnaire terminologique) :

 

Ligne de piquetage

Piquetage

Piqueter

Piqueteur, piqueteuse

 

 

L’Office québécois de la langue française a approuvé les termes piqueter, piquetage, ligne de piquetage, piqueteur et piqueteuse au début des années 1990. Largement répandus dans l’usage, ils sont notamment consignés dans des banques de terminologie, des lexiques spécialisés ainsi que dans des dictionnaires québécois et français (qui les signalent comme étant propres au Québec).

 

Bien que des réticences à admettre ces termes au Québec puissent subsister, ceux-ci constituent une famille lexicale simple et dans laquelle chacune des formes exprime une notion distincte et complémentaire. Cette famille lexicale peut servir à nommer à la fois l’action (le piquetage), le résultat (la ligne de piquetage) et les personnes qui font l’action (les piqueteurs et les piqueteuses).

 

En outre, pour rendre l’idée de se masser ou de déambuler, le simple verbe piqueter équivaut à des expressions plus complexes : ériger un piquet de grève, installer un piquet de grève, tenir un piquet de grève. À cela s’ajoute aussi le fait que piqueter, piquetage, piqueteur et piqueteuse, contrairement à piquet de grève, peuvent s’employer dans un contexte de lock-out comme dans un contexte de grève.

 

 

Article rédigé en 2018

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Date de la dernière actualisation de la BDL : mars 2019

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