Banque de dépannage linguistique


Dans les coulisses de la langue



Une langue, un nombre infini de mots

 

Le thème Dans les coulisses de la langue donne accès à des articles rédigés avec une plus grande liberté éditoriale que les autres articles de la BDL. Ces textes offrent une perspective élargie du travail linguistique réalisé à l’Office québécois de la langue française.

 

 

La richesse d’une langue, c’est sa capacité de répondre aux besoins expressifs de ses locuteurs et de ses locutrices; c’est l’abondance de ses mots, sans doute, mais aussi et surtout leur flexibilité, leur aptitude à construire des significations multiples, à exprimer la réalité dans toute sa complexité.

 

C’est ainsi que la quantification des mots d’une langue est chose pratiquement impossible, car la notion de « mot » est rendue très complexe par l’existence bien réelle :

 

·         des homographes (ex. : fils électriques et fils unique);

·         des homophones (ex. : mère, mer et maire);

·         des mots polysémiques, c’est-à-dire qui ont plusieurs sens (ex. : addition « opération mathématique » ou « note », au restaurant);

·         des mots composés (ex. : pare-brise ou pomme de terre);

·         sans parler des termes complexes ou groupes de mots spécialisés (ex. : signe typographique ou juste-à-temps).

 

Dans le domaine de la pratique lexicographique, pourtant, c’est-à-dire dans l’élaboration des dictionnaires, on continue à se servir, du moins couramment, de cette notion de « mot ». Mais techniquement, on parle plutôt d’entrées qui constituent une nomenclature et qui font l’objet d’articles. Régionalismes, archaïsmes, emprunts, mots rares ou appartenant à différents niveaux de langue, mots techniques ou termes rattachés aux activités et aux champs de connaissance très spécialisés peuvent ainsi être ou ne pas être inclus dans la nomenclature de tel ou tel dictionnaire.

 

Pour constituer ces nomenclatures, les lexicographes font donc des choix selon la vocation des différents dictionnaires, les besoins de leurs utilisateurs et de leurs utilisatrices ainsi que les contraintes commerciales. Plusieurs de ces choix sont présentés chaque année, au moment de l’intégration d’ajouts, lors de la révision d’une édition. Qui n’a d’ailleurs jamais entendu parler de ces « mots nouveaux » que les dictionnaires usuels mettent invariablement en lumière quelques semaines avant chaque rentrée?

 

Les principaux dictionnaires usuels sur le marché présentent des éditions comportant plus ou moins 60 000 entrées. Le « nombre de mots » peut toutefois varier considérablement d’un ouvrage à l’autre selon la manière d’y intégrer les abréviations, les dérivés, les variantes orthographiques, etc.

 

Quoi qu’il en soit, la langue est à ce point féconde qu’il reste impossible d’en dénombrer tous les mots. Certains tombent en désuétude (ex. : mauvaiseté au sens de « méchanceté »), tandis que plusieurs acquièrent de nouveaux sens (ex. : souris, en informatique), et que d’autres sont créés (ex. : vélorue) ou empruntés (ex. : sushi) tous les jours. Dès lors, tout décompte est arbitraire.

 

 

Article mis à jour en 2021

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Date de la dernière actualisation de la BDL : mars 2021

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